Faire garder son bébé en Suisse (ou pas !)

Sujet ô combien compliqué que celui de la garde d’enfants en Suisse… D’une part, il n’est pas évident de choisir parmi tous les modes de garde possibles, mais en plus on se heurte assez vite à la problématique des places disponibles pour notre enfant.

Point intéressant, en mai 2018, la répartition entre les différents modes de garde dans le Canton de Genève était la suivante (chiffres parus dans le Focus n°21 de juin 2020) :

Les informations sur le sujet sont disponibles à droite, à gauche, et nécessitent beaucoup de recherches et de lectures pour finalement répondre à cette question d’apparence simple : quels sont les modes de gardes qui s’offrent à nous dans le Canton de Genève ?

Rappel : Au niveau fédéral, les mamans ont droit à 14 semaines de congé maternité, ce qui constitue un minimum pour toute la Suisse. Certains cantons offrent davantage, c’est le cas de Genève, où les mamans bénéficient de 16 semaines. Point important : il est INTERDIT aux femmes de reprendre le travail dans les 8 semaines suivant l’accouchement, ce qui constitue donc le congé maternité “obligatoire” minimum.

L’Observatoire cantonal de la petite enfance publie un panorama très complet et donc également plutôt complexe sur les différentes structures d’accueil collectif existantes :

Cet article m’a demandé beaucoup de temps afin de réunir toutes les informations récupérées notamment sur les sites du Canton et de la ville de Genève. N’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires !

Petite précision utile : l’école publique commence à 4 ans en Suisse 🙂

Dans un premier temps je vais passer en revue les différents types de structures et je vous présenterai un bref état de la situation dans le Canton de Genève à la fin de l’article ainsi que mon opinion personnelle sur le sujet.

Quelles sont les structures d’accueil de la petite enfance (SPE) ?

Je vous renvoie au petit schéma ci-dessus. Les SPE sont des structures qui accueillent un certain nombre d’enfants, encadrés par des professionnels de la petite enfance. La SASAJ est en charge d’attribuer les autorisations et d’exercer une surveillance de ces structures.

Les SPE peuvent être publiques ou privées dépendant le mode de financement de la structure. Il faut savoir que le coût d’une place est extrêmement élevé puisqu’il est estimé par le Canton de Genève entre environ 38 000 et 42 000 CHF par an et par place. Vous l’aurez donc compris, plus la participation de la collectivité est importante, moins le prix sera élevé pour les parents. Ce qui explique une différence de prix importante entre le privé et le public. Dans le Canton de Genève, nous avons la chance d’avoir des établissements publics qui sont bien moins onéreux que les établissements privés en raison des subventions importantes reçus par les premiers. Malheureusement, il faut savoir que c’est beaucoup moins vrai dans le Canton de Vaud.

Quoi qu’il en soit, ces structures peuvent prendre deux formes selon le type de prestations offertes :

  1. Prestations élargies : Une structure à prestations élargies ouvre au moins 45 semaines par an, 45 heures par semaine et offre des prestations de repas. Il s’agit des Crèches et Espaces de Vie Enfantine (EVE).
  2. Prestations restreintes : Une structure à prestations restreintes n’offre pas l’ensemble des prestations ci-dessus. Elle est ouverte moins de 45 semaines par an, et/ou moins de 45 heures par semaine et/ou n’offre pas de prestations repas. Il s’agit des Jardins d’Enfants et des Garderies.

Les structures avec prestations élargies

Côté public

Comme expliqué précédemment, ces structures sont des crèches ou EVE publics, bénéficiant du financement des communes.

Pour s’inscrire dans l’une de ces structures, il est généralement nécessaire de s’inscrire sur une liste d’attente et de renouveler son inscription régulièrement jusqu’à l’attribution de la précieuse place. Attention ! Si vous manquez la date du renouvellement, pas de pitié, retour direct à la case départ. Généralement, il est possible de s’inscrire pendant la grossesse, dès la 13e semaine d’aménorrhée. Pour se faire vous devrez fournir votre Attestation de grossesse, faite par le/la gynécologue. Pour la ville de Genève les démarches peuvent être faites en ligne, pour d’autres villes, comme Chêne-Bougeries, il faut se présenter en personne au service de la petite enfance pour s’inscrire sur la liste d’attente.

Afin d’être éligibles pour s’inscrire sur les listes d’attente, il est généralement demandé de vivre dans la ville en question et/ou d’y travailler. Petite précision pour la ville de Genève, sont éligibles les codes postaux 1201 à 1209, 1227 Les Acacias et 1231 Conches-Genève.

Certaines structures sont subventionnées par plusieurs villes et il est donc possible de s’y inscrire sans vivre dans la ville en question mais en vivant dans une commune partenaire. Dans ce cas les conditions seront clairement indiquées sur le site internet de la structure.

Côté public, il existe plusieurs sortes d’établissements que nous allons passer en revue ici :

  1. Les crèches classiques
  2. Les EVE
  3. Les éco-crèches

Attention, en règle générale les enfants ne sont pas accueillis dans ces structures à 8 semaines mais à partir de 16 semaines. Si vous souhaitez faire garder votre enfant à partir de 8 semaines, un autre mode de garde sera sûrement nécessaire pour faire tampon.

Les crèches classiques

Elles accueillent les petits dès la fin du congé maternité.

Ces crèches fournissent en général le repas du midi pour les plus grands. Les enfants nourris au lait doivent apporter leur lait en poudre / lait maternel. Les couches doivent également souvent être fournies par les parents.

Concernant l’encadrement, la loi du Canton de Genève est très claire, que ce soit pour le privé ou le public, elle impose :

  • 1 adulte pour 4 bébés de moins de 12 mois
  • 1 pour 5 enfants jusqu’à 2 ans
  • 1 pour 8 pour les enfants jusqu’à 3 ans
  • 1 pour 10 jusqu’à 4 ans, âge d’entrée à l’école publique

En théorie, les places sont en priorité réservées aux parents qui travaillent et aux enfants qui viennent de manière régulière. Les crèches demandent généralement un minimum de 2 jours de présence. Ceci étant dit j’ai entendu et lu beaucoup de témoignages qui indiquaient que la priorité n’était pas toujours donnée aux parents qui travaillent. Il semble tout à fait courant que des enfants dont les deux parents ne travaillent pas aient une place à la crèche avant d’autres enfants dont les deux parents travaillent et peinent pour les faire garder. D’un côté je trouve tout à fait normal que ces enfants puissent aussi bénéficier d’une place, d’un autre côté, ça complique vraiment la tâche des parents qui travaillent et n’ont parfois aucune autre solution de garde.

Les espaces de vie enfantine (EVE)

Les EVE sont équivalents aux crèches. Je les ai mis ici pour les distinguer parce qu’on peut facilement croire qu’il s’agit de quelque chose de différent. Mais non. Ils accueillent aussi les enfants dès la fin du congé maternité et jusqu’à l’âge d’entrée à l’école. La différence entre les EVE et les crèches est très difficile à identifier et malgré de nombreuses recherches sur le sujet je n’ai pas trouvé de réponse précise. Tout dépend apparemment du statut choisi par la structure mais je n’ai pas pu mettre en exergue quelles implications avait le choix de telle ou telle forme.

Les éco-crèches

Je devrais plutôt dire l’éco-crèche car il n’y en a qu’une pour l’instant dans le Canton de Genève. C’est un concept très novateur. Les enfants sont en pleine nature, toute la journée et par tous les temps. Par conséquent vous l’aurez compris, ce n’est pas adapté pour les tout-petits. Cette crèche accepte les enfants à partir de 2 ans et demi. Là encore, on demande une présence régulière.

Le prix est en ligne avec la structure, c’est-à-dire bien moindre que pour les autres crèches.

Une option que personnellement j’aurais du mal à adopter mais une très belle initiative néanmoins !

Côté privé

Les crèches privées

Ces structures accueillent les enfants selon une charte qui leur est propre. Elles peuvent être à temps partiel, à temps plein, accueillir les enfants dès la fin du congé maternité ou non. Elles ont néanmoins souvent un point commun : elles sont très onéreuses et ne conviendront donc pas à toutes les bourses.

Elles se distingueraient des crèches publiques par un accueil qu’on nous vend comme étant aux petits oignons. Vous trouverez des crèches appliquant la pédagogie Montessori, d’autres qui seront anglophones, d’autres encore, qui seront bilingues, etc. Un service à la carte qui serait sensé justifier le prix exorbitant de ces structures.

Pour vous donner une petite idée du prix, je ne la citerai pas mais la crèche privée proche de mon travail propose des journées entières à 190CHF pour les enfants ne venant pas 5j/5, 130CHF les demi-journées…

Les structures avec prestations restreintes

Côté public

Les jardins d’enfants

Il s’agit de structure qui accueillent les enfants à partir de 18 mois. Attention ! Comme indiqué précédemment, il s’agit de structures avec prestations restreintes, l’accueil est donc à temps partiel uniquement.

Les crèches de dépannage

Comme leurs noms l’indiquent il s’agit de structure d’accueil temporaire. Il ne s’agit donc pas de compter sur ces crèches pour faire garder votre enfant à long terme. Les enfants sont accueillis dès la fin du congé maternité. Ces crèches ne sont cependant pas très nombreuses. En ville de Genève il n’y en a que deux, une sur chaque rive.

Je précise que ces structures ne sont pas là pour faire le tampon entre la fin du congé maternité et la libération d’une place. Non, ces crèches sont là pour les situations d’urgence et une preuve vous sera demandée (un certificat médical, une convocation à un stage, etc.).

Les haltes jeux

Ce sont l’équivalent des crèches de dépannage mais pour les plus grands, les haltes jeux accueillent ponctuellement les enfants dès leurs 15 mois.

Côté privé

Comme je vous le disais plus haut, les crèches privées peuvent choisir d’être à prestations élargies ou restreintes. Il existe donc des structures privées assez semblables à celles qui existent dans le public et qui proposent des ouvertures à temps partiel uniquement. La différence au niveau public / privé se situe vraiment uniquement au niveau du mode de financement. Je rappelle également que la SASAJ statue sur l’ouverture de toutes les structures qu’elles aient des prestations restreintes ou élargies.

Les autres modes de garde

Qu’elles soient publiques ou privées, les crèches sont pleines. D’ailleurs, le fondateur de la crèche Babilou de Mies (VD) indiquait dans la presse qu’une grande partie des places avaient déjà trouvé preneurs AVANT même l’ouverture de la crèche privée. C’est vous dire !

Les crèches familiales

Il existe un dernier mode de garde public. Il s’agit des crèches familiales, aussi appelées accueil familial de jour. Il s’agit ici de faire garder ses enfants au domicile d’une assistante de crèche familiale, qui propose aussi des moments de collectivité. Les enfants peuvent être accueillis dès la fin du congé maternité.

L’assistante peut garder entre 2 et 4 enfants. Les enfants se rendent à l’espace de jeux de la crèche 2 à 3 fois par semaine avec leur assistante.

La SASAJ est également responsable d’autoriser et surveiller ces structures qui sont moins chères que les crèches / EVE classiques mais plus chères que l’éco-crèche.

Les nounous / nannies

Voilà un mode de garde très différent. Il s’agit ici d’embaucher quelqu’un qui s’occupera de votre enfant en votre absence à votre domicile. Très pratique mais évidemment comme la nounou ne sera dédiée qu’à votre seul enfant (ou vos enfants si vous en avez plusieurs) et qu’en tant qu’employeur vous devrez lui payer un salaire décent (et c’est bien normal !), c’est donc tout à fait logique que cette option soit très chère.

Par contre, à la différence d’une crèche, la nounou acceptera généralement de garder votre enfant même s’il est malade (évidemment ça dépend de quelle maladie nous parlons ici). Autre avantage, votre enfant aura une certaine stabilité et une relation privilégiée avec sa nounou qui sera la personne qu’il verra tous les jours ce qui n’est pas le cas avec le personnel de la crèche.

C’est une option très flexible puisque taillée sur mesure pour vos besoins au niveau des horaires mais aussi des activités et des repas. On pourra également plus facilement s’arranger si on est en retard un soir, ce qui ne sera pas le cas avec une structure d’accueil collectif. Le plus gros avantage est à mon sens que la nounou est à votre domicile ce qui élimine la contrainte d’emmener / récupérer votre enfant à la crèche.

Le point négatif serait que le panel d’activités disponibles pour votre enfant risque d’être un peu plus limité. Je reviens un peu plus en détails sur les avantages et inconvénients des différents modes de garde plus loin dans l’article.

Les co-nounous

C’est la même chose que le mode de garde précédent à la différence près que la nounou est partagée entre deux familles.

C’est vraiment devenu la mode de s’organiser de cette façon. La co-nounou est à la garde d’enfant ce que la colocation est au logement : diviser par deux le prix d’un service 5 étoiles qu’on aurait du mal à payer seuls.

On se rapproche ici du tarif d’une crèche avec l’avantage non-négligeable de la flexibilité. En général soit la nounou est toujours au domicile de la même famille, soit c’est 50/50, une semaine chez l’une, une semaine chez l’autre.

Un(e) jeune au-pair

Une solution très populaire dans les pays anglo-saxons. Un(e) jeune qui vit chez vous et vous aide pour vous occuper de vos enfants en échange du gîte et du couvert en plus d’un petit salaire. L’avantage est que le coût est moindre que pour une nounou qui s’occuperait uniquement de votre enfant à votre domicile. En revanche, la personne vit chez vous ce qui peut être également assez contraignant.

Les mamans de jour

Ce qu’on appelle en France une assistante maternelle. C’est donc une personne qui garde à son domicile un ou plusieurs enfants (en général plusieurs). C’est la solution la moins onéreuse. On trouve tout un tas d’offres de personnes cherchant des enfants à garder sur les sites comme yoopies ou topnanny.

La garde d’enfants dans le Canton de Genève

Je suis toujours assez épatée par le nombre finalement restreint de crèches dans les grandes villes. Ici dans le Canton de Genève, et sauf erreur de ma part, plus généralement en Suisse, les villes ne font pas exception. Le nombre de places en crèche est clairement insuffisant.

Voici les chiffres parus en juin 2020 concernant le nombre de places d’accueil collectif disponibles :

En plus, au problème du nombre de places s’ajoute une grande injustice d’une commune à l’autre. En ville de Genève par exemple, le nombre de place est assez élevé par rapport à d’autres petits villages comme Aire-la-Ville par exemple. Alors oui, c’est logique, il y a plus de monde en ville de Genève. Cependant, il y a beaucoup de familles qui vivent dans les communes alentours, notamment parce que l’immobilier y est moins cher, et certaines n’ont que très peu voire aucune possibilité de place. Restent les établissements privés, plus chers, qui n’offrent néanmoins aucune garantie d’obtenir la place tant convoitée et qui, en plus, ne sont pas si nombreux.

Les chiffres publiés par le canton nous montrent que les structures à prestations élargies sont très prédominantes dans les villes les plus proches de la ville de Genève et sont assez peu nombreuses voire absentes dans les campagnes les plus reculées. Voici les chiffres parus en juin 2020 :

Pour ce qui est des structures à prestations restreintes, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces structures sont assez nombreuses. Il y a aussi une vraie disparité entre les communes et c’est assez triste de constater que la tendance est exactement l’inverse de celle des prestations élargies : ces structures sont beaucoup plus présentes dans les communes les plus éloignées de là où sont majoritairement situées les entreprises.

Pour votre information, voici les critères d’attribution des places pour la ville de Genève :

Par ordre de priorité, les structures d’accueil subventionnées acceptent les enfants dont les parents:

  • sont domiciliés dans le quartier où se trouve l’institution;
  • sont domiciliés en ville de Genève;
  • travaillent en ville de Genève, sans y être domiciliés (une fois les demandes des habitants de la ville de Genève satisfaites).

L’adresse sera vérifiée par le BIPE auprès de l’Office cantonal de la population et des migrations.

L’attribution de la place dépend également des critères suivants:

  • présence simultanée d’un frère ou d’une sœur de l’enfant dans l’institution (seulement pour les enfants domiciliés en ville de Genève);
  • ancienneté de la demande, pour autant que celle-ci ait été réactivée régulièrement;
  • situation professionnelle, familiale et sociale des parents;
  • correspondance entre la disponibilité de l’institution et la demande des parents.

Source : https://www.geneve.ch/fr/themes/structures-accueil-enfance-activites-extrascolaires/creches-autres-structures-accueil/demande-inscription/criteres-attribution-places

Que choisir parmi tous ces modes de garde ?

Toutes ces solutions doivent être regardées attentivement par les parents afin de voir quelle est celle qui est la plus adaptée à leur situation et avec laquelle ils se sentent le plus à l’aise. Car oui, c’est important d’être pleinement en confiance avec le mode de garde qu’on a choisi, quel qu’il soit car cette confiance, l’enfant la ressentira et elle l’aidera à bien s’adapter !

Les avantages et inconvénients des différents modes de garde

On a tendance à toujours spontanément penser à la crèche pour faire garder son enfant et pour cause, c’est un mode de garde qui offre de nombreux avantages. Petit tour d’horizon !

Parmi les avantages indiscutables de la crèche : la large variété d’activités disponibles. Ces établissements ont généralement des salles de motricité avec tout un tas d’équipements que vous n’aurez a priori pas ni chez vous, ni chez une maman de jour. Par ailleurs, l’enfant apprendra aussi la vie en communauté et à se socialiser. Argument qui peut à mon sens être également contre-carré par le fait que jusqu’à un certain âge l’enfant n’a en toute objectivité pas besoin de socialiser, il va surtout apprendre à se découvrir lui-même, apprendre à bouger, à jouer seul, etc. C’est seulement une fois que tout ça sera acquis que l’enfant pourra vraiment jouer avec les autres, apprendre à prêter ses jouets, etc.

La crèche lisse quelque peu le besoin d’avoir une confiance aveugle dans une personne unique qui s’occupera de votre enfant. Il y aura plusieurs adultes autour de l’enfant et certains parents seront rassurés à cette idée.

Attention néanmoins à ne pas idéaliser la crèche et à tout de suite regarder d’un mauvais oeil les autres modes de gardes ! Déjà, la crèche ne sera pas aussi flexible qu’une nounou ou une maman de jour. Vous êtes un peu en retard pour venir récupérer votre enfant, il y a de grandes chances pour que ça passe si c’est très exceptionnel par contre vous risquez rapidement d’être exclus de la crèche si ça se répète. Avec une nounou ou une maman de jour, il est possible de s’arranger, par exemple, tel soir vous allez rentrer plus tard mais soit vous lui facturez tout simplement le temps supplémentaire, soit vous réduisez d’autant une autre journée.

Autre point important : votre enfant sera beaucoup plus souvent malade à la crèche, c’est un fait. Certains vous diront qu’au moins il aura “fait” son système immunitaire, argument assez discutable. Chez une maman de jour les enfants gardés sont moins nombreux, et ont souvent des âges différents ce qui limite quelque peu la transmission des virus entre les uns et les autres. De plus, si votre enfant est malade, une nounou ou une maman de jour acceptera plus volontiers de le garder qu’une crèche. Bien sûr si c’est une maladie contagieuse, dans les deux cas vous serez normalement amenés à garder vous-même votre enfant.

Je vous recommande également de visiter la crèche avant d’y inscrire votre enfant, afin d’avoir une idée plus précise du lieu et de son fonctionnement mais aussi de “prendre le poult” de l’endroit et voir si ça vous correspond réellement.

J’ai visité une de ces crèches qui se vend comme étant Montessori ce qui m’a permis de découvrir qu’elle n’avait de Montessori qu’une pièce destinée aux plus de 2 ans et qu’elle n’était utilisée que lors de l’animation dédiée, assurée par une personne qui ne venait qu’une fois par semaine… Méfiance donc car il y a une différence importante entre la réalité et ce qui est annoncé dans le prospectus de ces établissements.

Que les crèches soient publiques ou privées il semblerait que les dessous ne soient pas si roses. Il faut bien voir qu’une crèche coûte très chère à faire tourner. Les crèches ont donc souvent tendance à tabler sur un certain taux d’absence et, pour les structures privées, à prévoir plus d’enfants que la capacité d’accueil réelle. Les crèches publiques, elles, jouent plutôt sur le taux d’emploi des encadrants, qui peuvent également être malades et ne sont pas forcément remplacés ni dans le privé, ni dans le public. Dans tous ces cas, le nombre d’enfants par adulte est bien au-delà du maximum légal. La promesse diffère donc à nouveau de la réalité.

Sachez également que le personnel de la crèche laissera souvent pleurer votre enfant même si ce n’est pas quelque chose que vous appliquez à la maison, c’est juste impossible pour le personnel de répondre aux besoins de tous les enfants. Si vous êtes OK avec ça, pas de problème, si ce n’est pas votre philosophie d’éducation, ça peut coincer. J’ai également entendu pas mal de témoignages de parents dont les enfants étaient revenus griffés ou mordus de la crèche, avec la précision “ne t’inquiètes pas au bout d’un moment ils ne se laissent plus faire et ils mordent aussi”. Ah… Ok je ne m’inquiète pas alors 😐

Je vous invite vraiment à jeter un oeil à ce superbe reportage de France Télévision qui date de Février 2020 et qui dresse un portrait édifiant du monde de la crèche :

Vous allez me dire que ce reportage a été réalisé en France et qu’il ne peut s’appliquer en Suisse mais malheureusement les témoignages reçus m’indiquent qu’au contraire ce reportage vaut également pour la Suisse.

En Suisse également, les crèches publiques sont de plus en plus souvent gérées par des entreprises privées comme Pop e Poppa ou Babilou (qui d’ailleurs est l’une des plus grosses entreprises françaises dans le domaine, active depuis 2003). Certains articles de presse ont déjà dénoncé les pratiques de certaines de ces crèches. Il ne faut certes pas faire de généralités, chaque crèche est différente, mais attention à bien faire le tri et à garder à l’esprit que crèche publique n’est pas toujours synonyme de structure de qualité.

Pour ce qui est des nounous, le désavantage principal est intrinsèque au fait que la nounou est seule avec votre enfant : il faut impérativement trouver quelqu’un de confiance. C’est très important d’être vraiment en confiance car c’est déjà très difficile de laisser la prunelle de ses yeux à une tierce personne alors il est clair que le choix doit être très strict. Je vous recommande vraiment de commencer à chercher quelqu’un suffisamment tôt afin de ne pas vous retrouver dans une situation d’urgence où vous seriez obligé.e.s de faire des concessions sur certains critères. Il y a beaucoup de personnes sans forcément de permis de travail qui veulent faire de la garde d’enfants pour des raisons financières. Méfiez-vous et surtout le mieux est de ne pas faire de travail non déclaré, de faire passer des entretiens en personne, plusieurs si nécessaire et de ne renoncer à aucun de vos critères. En cas de doute ou de mauvais feeling, on passe à autre chose, on ne se force pas. La confiance est primordiale. On cherche tous “la perle” et rassurez-vous il y en a plusieurs !

Enfin, il faut garder à l’esprit que le bouleversement de la naissance, la vague d’émotions que cela amène peut vous faire changer d’avis sur le mode de garde retenu initialement. Par conséquent, il est important de ne vous fermer aucune porte et d’étudier chaque option.

Personnellement, la naissance mais aussi la crise récente, couplée avec les difficultés à obtenir une place en crèche m’ont amenée à me poser la question suivante : pourquoi faire garder ses enfants ? Alors oui, la réponse est assez claire : pour pouvoir travailler. Je trouve super de pouvoir avoir la possibilité de le faire et d’un autre côté je m’interroge sur cette société qui, comme le disait si justement une de mes plus proches amies, valorise davantage celles et ceux qui choisissent de payer quelqu’un pour faire garder leur(s) enfant(s) par rapport à celles et ceux qui font le choix de les garder eux mêmes. Attention, je ne pointe pas du doigt ceux qui choisissent de poursuivre une carrière professionnelle intense, bien au contraire ! Moi même j’apprécie beaucoup mon travail et je n’envisageais pas d’arrêter de travailler. Je pense que c’est important que tout le monde puisse avoir le choix de faire comme il l’entend. C’est important de ne pas être pénalisé(e) professionnellement si on choisi de poursuivre sa carrière après l’arrivée d’un bébé. Ceci s’applique malheureusement principalement aux femmes… Et je trouve qu’il est aussi important de ne pas stigmatiser les femmes ou les hommes qui choisissent de faire une pause dans leur carrière pour s’occuper de leurs enfants. Ils sont trop souvent vus comme des fainéants, trop souvent jugés pour leur “manque d’ambition” supposé. Pour finir, je crois aussi que le bouleversement émotionnel qu’est la naissance est tout simplement imprévisible. On ne peut pas savoir avant de l’avoir vécu quel effet aura le premier regard que vous échangerez avec ce petit être. En conclusion, soyons ouverts et bienveillants les uns envers les autres. Respectons les choix de vie de chacun ! Le principal est que l’enfant ait deux parents heureux et épanouis, sûrs de leur choix de garde (ou de non-garde) pour faire de lui un enfant heureux et épanoui 🙂

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