La vie à Genève

Après bientôt un an et demi à Genève, il est temps de dresser un bilan complet.

Je suis arrivée à Genève un peu par hasard suite à une opportunité professionnelle. Voyant là une occasion de quitter Luxembourg et de découvrir un nouvel environnement, après avoir longuement réfléchi et en avoir discuté avec mon copain, j’ai accepté l’offre et nous avons plié bagages.

Genève, une ville qu’il faut apprivoiser

La première étape a été pour mon copain de trouver un travail. Le marché du travail suisse est dynamique mais quelque peu fermé, c’était difficile mais après moulte rebondissements, nous avions tous les deux un CDI.

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Les débuts

Le Logement, l’épreuve

Grande problématique que celle du logement à Genève. Les logements sont chers, vraiment chers. Venant pourtant de Luxembourg, où les loyers sont élevés, Genève m’a littéralement terrassée avec le montant de ces loyers. Le taux de logements disponibles sur le marché étant très bas, la recherche est très compliqué. On demande un dossier très complet et surtout, on est en concurrence avec beaucoup de monde. Que le meilleur gagne ! Pour simplifier les choses, nous nous sommes donc installés au départ en France, à quelques pas de Genève. Finalement au bout de quelques mois, nous avons décidé de sauter le pas et de vivre à Genève, afin de profiter au maximum de tout ce que peut offrir la ville. C’est un choix que je ne regrette pas. La frontière permet de faire des économies mais vivre en ville permet de aussi de vivre l’expérience à 100% et de s’intégrer plus rapidement.

Nous vivons donc aujourd’hui dans un joli petit appartement à deux pas du lac, autant dire que si la surface de l’appartement a diminué, la qualité de vie a augmenté !

Le travail

Le rythme de travail est différent. Les journées commencent généralement entre 8h et 8h30 grand maximum et se terminent souvent entre 18h et 19h. Cela dépend bien entendu de votre milieu professionnel, mais les horaires de bureaux sont généralement ceux là, hors périodes très chargées, comme on peut en rencontrer partout.

La pause de midi dure généralement 30/45 min, là aussi, cela dépend de votre travail. Pour ma part la pause est toujours assez brève et il y a peu de pauses dans la journée. C’est aussi ça qui permet de quitter relativement tôt le soir.

Dans mon entreprise, l’ambiance est détendue, la pression pas trop forte, de manière générale c’est très agréable au quotidien.

Concernant les congés, la durée légale est de 4 semaines par an mais beaucoup de grandes entreprises proposent 5 semaines. Il y a ensuite environ 10 jours fériés, dépendant du canton dans lequel vous êtes installés. Pour Genève : 9 jours.

Mes premières impressions

La vie en Suisse

En tant que français, on a tendance à se sentir comme chez nous en Suisse et à oublier que justement, ce n’est pas un département français et que Genève n’est pas en Haute Savoie. Nous sommes bien dans un pays différent et le fait de parler la même langue tend à nous le faire oublier, jusqu’à ce qu’on soit ensuite rattrapés par la réalité 🙂

Genève présente l’avantage d’être très proche géographiquement de la France (soit quasiment collée à la frontière). La transition est donc facilitée par le fait qu’on peut facilement garder des habitudes françaises type faire ses courses à Carrefour, etc. De plus, la population française sur place est très nombreuse, ce qui facilite davantage l’acclimatation. Enfin, cette proximité permet également de rentrer facilement en France le weekend. 5h de route environ séparent Genève et Luxembourg, c’est un plus. Je ne rentre personnellement que deux à trois fois par an mais c’est tout de même un avantage.

Un coût de la vie qui frôle les plafonds

Ce n’est pas un secret, vivre en Suisse, ça coûte cher, tout particulièrement à Genève et à Zurich. On a beau vous prévenir, le choc est tout de même bien là à l’arrivée.

Des loyers exponentiels

Les loyers sont très chers et vu le peu d’appartements disponibles, on a un choix limité et on devra plus ou moins toujours payé assez cher pour se loger. Vous verrez souvent des annonces pour des 3 pièces et demi ou 4 pièces et demi. Qu’est ce qu’une demi pièce ? Un couloir s’il est grand, un hall d’entrée.. Ce genre de choses. Un appartement avec une seule chambre coûtera, selon votre quartier entre 2 000 et 2 500 francs suisse par mois (soit entre 1 800 et 2 250€ environ au taux actuel). Un appartement de deux chambres avoisinera souvent les 3 000 francs (environ 2 700€). Il est possible de trouver de très bonnes affaires, mais elles partent vite ! Le bouche à oreille aide beaucoup mais n’est pas forcément facile, voir même possible quand on vient d’arriver.

Des charges également très élevées

Tout est cher je le répète. Un abonnement de téléphone coûte cher, internet aussi, vous devrez payer le billag (la redevance TV) qui s’élève à 451CHF pour la TV et la radio, etc. Bref, la vie est chère, il faut bien en prendre conscience !

Sortir à Genève

Là encore vous l’aurez deviné, ce n’est pas donné. On peut cependant trouvé des endroits sympa et pas trop chers. Pour les bars, surtout l’été, il y a des adresses bon marché qu’on fini par connaître. Les restaurants sont souvent chers mais il y a pas mal d’offres la fourchette ou buy club qui permettent de passer un bon moment à moindre frais. De plus, certains restaurants proposent des formules qui valent le coup et qui permettent là aussi de ne pas trop dépenser. Je dirai donc que quand on connait, on réduit considérablement le coût des sorties.

Les transports

Le coût des transports en commun est assez élevé mais la qualité est là. Le réseau des TPG (Transports Publics Genevois) est étendu et efficace. Je me déplace désormais exclusivement en transports en commun. Peu de retards, peu voir jamais de grèves, rien à dire ça fonctionne bien. L’abonnement mensuel est de 70CHF pour le réseau tout Genève et de 500CHF par an. Pour avoir accès aux lignes frontalières, il faudra débourser plus, bien évidemment. Si vous vivez en Suisse, tout Genève est suffisant car cet abonnement couvre également les villes entourant Genève.

 

Les bons côtés de Genève

La vieille ville est très jolie, les bords du lac donnent l’impression d’être en vacances l’été, bref, de manière générale la ville est agréable à vivre !

Genève est une ville importante, l’activité économique y est très développée ce qui permet des opportunités professionnelles très intéressante. L’environnement professionnel de manière générale est favorable. Un peu moins ces derniers temps en raison de la conjoncture économique mais tout de même, on ne peut pas se plaindre !

Les transports en commun sont aussi un des aspects de Genève que j’apprécie. Ils sont efficaces, propres, à l’heure et permettent de circuler facilement dans Genève et les villes alentours. Le prix est cher mais l’abonnement annuel de 500 CHF par an permet de réaliser des économies importantes.

Enfin, Genève reste une grande ville. Un grand nombre d’institutions internationales sont installées et les habitants viennent des 4 coins de la planète. On entend souvent parler anglais, italien ou autre dans les transports. Au delà de permettre de rencontrer des gens d’un peu partout, ça permet aussi à la ville d’offrir des activités que je ne trouvais pas, par exemple, à Luxembourg. Genève est encore très loin de Paris, Milan ou autre, plus grandes, plus jeunes et plus dynamiques, mais il est possible de trouver quelques activités sympa à Genève et dans la région : Festival Antigel en Février (pour les amateurs d’électro), Montreux Jazz Festival l’été, Paléo (Festival à Nyon), de nombreux spectacles au Théatre du Léman mais aussi à l’Arena et au bâtiment des forces motrices, les fêtes de Genève l’été (avec des animations tout autour du lac) dont la durée et le budget se réduisent malheureusement d’année en année (je ne suis d’ailleurs pas sûre de ce qui se passera en 2017),… Et bien évidemment l’hiver le ski et l’été le lac offrent encore toute une palette d’activités !

Les mauvais côtés de Genève

Si la vieille ville est jolie, une grande partie de Genève ne l’est pas… C’est une réalité. Beaucoup de bâtiments ont été construits dans les années 70/80, décennies par forcément célèbres pour leurs réussites architecturales. Du coup, beaucoup de quartiers de Genève sont absolument ignobles. Et pour ceux qui ont de jolis immeubles, là aussi ce n’est pas toujours gagné, certains sont très abîmés, taggués, délabrés et absolument pas remis en état et pas prêts de l’être car le peu de logement disponible sur le marché (moins qu’à Paris !) fait que les propriétaires n’ont pas besoin de faire des efforts extraordinaires pour louer leurs logements… C’est vraiment la réalité du marché immobilier genevois. Et ça ne concerne évidemment pas que les façades, même à l’intérieur, les biens disponibles à la location sont souvent vieux, et encore une fois, vu le peu de logements disponibles, les locataires sont rarement trop regardant, ce qui n’encourage pas les propriétaires à procéder à des rénovations. Il faut des lois pour ça, telle que celle sur le double vitrage entrée en vigueur récemment (mais pour laquelle les vieux immeubles classés ont aussi pu demander un délai). Nous avons visité il y a quelques semaines un joli appartement dans un bel immeuble mais avec du simple vitrage… C’est honteux quand on sait que l’hiver genevois est froid, que le chauffage est cher et surtout que l’appartement donnait sur une rue très passante et donc était très bruyant. Il y a aussi très peu de logements neufs ce qui est aussi à mon avis un point négatif. Les vieux appartements sont mal isolés, vous pourrez souvent (c’est mon cas) converser avec vos voisins à travers le mur. Ce genre de petits désagréments rendent le marché immobilier très décevant à Genève. Un achat immobilier est quasiment impossible. Les prix sont extrêmement élevés (environ 1 million de francs soit 900 000 € minimum à Genève pour un 2 chambres) et il est nécessaire d’avoir 20% de fonds propres en moyenne (parfois plus !) pour pouvoir faire un crédit..

Ensuite, Genève est une ville morte durant l’hiver. Les habitants désertent Genève et vont skier. N’étant pas suffisamment fan de ski pour y aller tous les week-ends, la ville est triste, grise et vraiment morte de Novembre (voir Octobre) à Mars. Il y a peu de choses à faire. Les magasins ferment tôt, rien n’est ouvert le dimanche. Même avant Noël mais ça devrait changer car le canton de Genève a voté en faveur de l’ouverture des magasins 5 dimanches par an.

Un autre point qui m’a déçue et continue de me décevoir : le climat n’est pas extraordinaire. Je viens de Luxembourg, une ville tout de même réputée pour son climat parmi les pires d’Europe 😉 (amis luxembourgeois, je plaisante !). Bref Luxembourg, 1600h de soleil par an en moyenne, du gris qui n’en fini pas pendant l’hiver toute l’année, de la pluie, encore de la pluie, de la neige… Bref : pas top. Ici, quand on est arrivés on vivait à Gex, sur les hauteurs et on a constaté un phénomène sympa : Genève est souvent sous une chape de brume. L’humidité du lac fait qu’une brume épaisse s’installe souvent en automne et en hiver (principalement mais ça arrive aussi au printemps et en été). A Gex, il arrivait souvent qu’on parte de la maison avec grand soleil et qu’on descende ensuite sous la brume… Du coup, maintenant que nous vivons au centre ville, nous expérimentons cette brume, ce brouillard gris qu’aucun rayon de soleil et n’en sortons plus et c’est un peu déprimant.

Je ne peux pas évoqué les points négatifs sans évoquer le coût de la vie. Je l’ai dit mais je suis obligée de le remettre ici. C’est le gros point noir de Genève. Non seulement les logements sont très chers mais tout est très cher. Dernier exemple en date : un dîner au restaurant (un restaurant classique, pas gastronomique, pas étoilé, juste un petit italien) : le prix du plat oscillait entre 30 et 45 francs… Je trouve ça extrêmement cher. Luxembourg était déjà assez cher par rapport à la France mais ici c’est encore un autre niveau. On hésite du coup beaucoup plus à sortir, on va moins souvent boire un verre ou un café, on fait moins de sorties au restaurant. On fait aussi les courses en France dès qu’on peut…

Autre point : le trafic. C’est impossible de se déplacer en voiture sans être dans des bouchons interminables. La ville est complètement saturée. Les mauvaises langues diront que c’est la faute des frontaliers (tout ici est de la faute des frontaliers…..) mais c’est surtout lié aux infrastructures qui ne sont pas adaptées, aux P+R qui sont payants, aux feux qui ne sont pas synchronisés, etc. Le parking est également un gros problème. Excessivement cher d’une part mais surtout très dur à trouver. Je vis aux Eaux-Vives, un quartier animé près du lac. Se garer est un cauchemar, ni plus ni moins. En tant que résidents, nous payons un macaron correspondant à notre zone de résidence. Pour ne pas payer et rester garer en permanence il nous faut une place bleue. Sauf que les places bleues ne sont pas réservées aux résidents. Les visiteurs peuvent s’y garer et ont même tout intérêt à le faire puisqu’ils pourront s’y garer uniquement avec un disque (et donc ne pas payer!). C’est un système complètement ridicule qui crée des conflits entre résidents et non-résidents et qui engendre de nombreuses heures perdues à chercher le graal : la place bleue.. Alléluia !

Dernier point : l’accueil réservé aux frontaliers de manière générale. Ce point ne ravira certainement pas mes amis suisses mais il est impossible de parler de Genève sans l’évoquer. Une bonne partie des genevois déteste les frontaliers et ne s’en cache pas. J’ai expérimenté les deux : frontalière et résidente. Et il n’y a rien à dire, les « frouzes » comme ils appellent les français des zones frontalières, sont mal accueillis. Pour peu qu’ils se plaignent des bouchons ou arrivent en retard à cause d’un problème de transport, on n’hésitera pas à leur rappeler leur condition de frontaliers et qu’ils peuvent « retourner bosser dans leur pays si la Suisse ne leur convient pas ». Une réaction hypocrite quand on sait que beaucoup de Suisses passent la frontière pour acheter, les prix étant stratosphérique côté Suisse. Même certaines entreprises exigent désormais une adresse en Suisse, ce qui est étonnant pour nous, européens. Venant de Luxembourg cette réaction envers les frontaliers me parait démesurée et infondée. Dans un contexte de marché de l’emploi en berne ces dernières années, il faut comprendre les arguments des deux parties mais ça reste un sujet délicat et compliqué. En revanche, l’accueil des français résidents est bien meilleur. Les Suisses lancent parfois gentiment quelques blagues mais ça reste bon enfant !

Et vous, avez vous déjà visité Genève ? Qu’en avez vous pensé ? Vivre ici vous intéresserait ? Dites le moi dans les commentaires 🙂

 

 

 

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