Recherche d’appartement et démarches administratives

L’expatriation est une épreuve. On croit toujours qu’on est bien préparés mais une fois sur place on se rend compte qu’on connaît très peu de choses sur ce pays qu’on croyait pourtant bien connaître.

Les premiers jours sont difficiles. On se sent vite seul(e)s et un peu perdu(e)s, même quand on s’expatrie en couple (même si ça aide), ce qui est mon cas.

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La recherche de logement

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Ah le logement… Un vrai problème à Genève et dans sa région. Les loyers sont complètement démesurés mais ce n’est pas le seul problème. Le taux d’appartement disponible est très faible. Dur de trouver un logement à Paris ? Venez à Genève ! En 2012, la ville avait 0.94% de logements vacants, ce taux est passé à 0.41% en Juin 2015 contre environ 7% à Paris. Autant dire que pour chaque appartement, énormément de dossiers sont en concurrence.

Il n’y a ici pas d’agences immobilières comme on l’entend en France mais des régies, une sorte de mix entre un syndicat de copropriété et une agence classique. Il n’y a par conséquent pas de frais d’agences comme on l’entend en France. Vous payez ici le prix de l’état des lieux et de la rédaction du contrat.

Le cœur du problème quand on vient de l’étranger : le dossier doit contenir 3 justificatifs de revenu (en Suisse bien entendu), une attestation de l’Office des Poursuites (équivalent de l’extrait de casier judiciaire) pour chacun des futurs habitants et datant de moins de 3 mois : ce document peut être demandé depuis l’étranger et prouve que vous ne faites l’objet d’aucune poursuite en Suisse. Il coûte 18 CHF. Enfin, bien entendu, il faut avoir un revenu net de 3 fois le montant brut (hors charges) du loyer. Il est également bien vu d’avoir des garants mais il faut qu’ils aient leur domicile en Suisse. C’est donc un vrai casse tête pour des étrangers que de s’installer ici car il est difficile d’avoir un bon dossier aux yeux des régies. Le marché est assez fermé et beaucoup choisissent de vivre à l’hôtel ou chez des amis pendant les 3 premiers mois pour se donner le temps de trouver un appartement digne de ce nom.

Il faut savoir que les appartements qui ont un super rapport qualité/prix ont rarement le temps d’être en ligne sur le site des régies ou tout autre site d’annonces immobilières. Le bouche à oreille est assez efficace et l’intranet des entreprises est aussi très utile. Difficile donc pour des étrangers tout juste arrivés dans la région !

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Par conséquent, nous avons opté pour la solution « vivre à la frontière ». Là encore, deux choix s’offrent à vous : la Haute-Savoie (74) ou l’Ain (01). Il faut savoir que le canton de Genève est entouré par la France. Au nord, l’Ain, au sud, la Haute-Savoie. Dans le 01, les villes les plus proches sont Ferney-Voltaire, Saint-Génis-Pouilly, Prévessin-Moens ou encore Ornex. De l’autre côté, les villes les plus proches sont Annemasse, Ambilly, Saint-Julien-en-Genevois, etc. Ce côté est généralement privilégié par les frontaliers, les loyers étant moins chers que dans l’Ain et les villes plus grandes et disposant par conséquent d’un plus grand nombre de services. L’Ain est plus cher mais les villages sont un peu plus chaleureux mais plus petits et donc avec moins de services et du coup un peu plus isolés.

L’avantage lorsqu’on vit en France est que tout coûte moins cher. Que ce soit l’électricité, internet, le forfait de téléphone,.. tout ! Les courses vous coûteront un peu plus cher dans la région frontalière que dans une région de France « classique ». Par contre, une fois que vous aurez eu un aperçu des prix dans les supermarchés de la Suisse voisine, vous ne regretterez pas votre choix ! Il faut savoir que la viande est extrêmement chère en Suisse. Tous les produits sont de manière générale plus chers, mais l’écart de prix pour la viande est vraiment impressionnant. Vous croiserez d’ailleurs souvent dans les hypermarchés français un grand nombre de clients venus de Genève pour faire le plein de courses.

 

Mon arrivée dans la région Genevoise

 

Le déménagement

Nous sommes arrivés ici le 25 Septembre, un camion rempli d’affaires et l’espoir d’une acclimatation facile en tête. Première épreuve : le déménagement. Deux options sont possibles lorsqu’on déménage loin : faire tout soi-même en louant un camion à prix raisonnable ou embaucher des déménageurs. Nous avons choisi la première, plus économique. Un choix que je ne regrette pas aujourd’hui bien que la fatigue ait été difficile à gérer. C’est très difficile de s’installer aussi rapidement. Nous avions 5 jours pour faire les différentes démarches administratives et boucler le déménagement. Pourquoi 5 jours ? Parce que nous commencions tous deux notre nouvel emploi au 1er Octobre.

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Les démarches administratives

Les démarches sont compliquées et sans fin, surtout quand on vient de l’étranger. Immatriculer sa voiture ? Un casse-tête sans nom quand on n’a pas une carte grise du pays. Les horaires des différentes administrations n’aidant absolument pas.

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Le permis de travail est une autre problématique à considérer. Selon que vous soyez frontaliers ou non, le permis sera différent et le coût également. De la même manière, si vous vivez/travaillez dans le canton de Vaud (à Lausanne par exemple), les démarches et les tarifs seront différents. Les entreprises proposent souvent de s’occuper des permis pour vous. Ils ont dans ce cas 15 jours après votre prise d’emploi pour envoyer les différents documents aux administrations. Il faut ensuite attendre en moyenne 3 à 4 semaines pour récupérer son permis. J’ai reçu le mien en un mois ! Sachez en tout cas qu’un frontalier aura un permis G, un résident peut avoir un permis B ou L selon que son séjour soit de longue durée ou non. Le permis B est valable 5 ans alors que le permis L est valable le temps de votre contrat et pour 12 mois maximum. Il existe aussi un permis C, qui est un permis de résidence permanente, appelé aussi autorisation d’établissement, et qui ne sera délivré qu’aux personnes ayant résidé 5 ans en Suisse.

 

La sécurité sociale est un sujet compliqué. Il faut savoir que contrairement à la France, le payement pour la sécurité sociale n’est pas fait par l’employeur, il n’entre pas dans les cotisations sociales et n’est pas déduit directement de votre salaire. Vous devez donc vous même souscrire à une assurance maladie.

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  • Si vous vivez en Suisse, pas le choix, ce sera la LAMal. Plusieurs compagnies d’assurance proposent des prestations plus ou moins identiques à des prix différents. La moins chère est Assura. Les prestations de bases sont fixées par la LAMal et vous serez couverts pour la maladie et la maternité. Le système est assez mauvais. Il est basé sur un système de franchise. Plus la franchise est faible, plus votre cotisation sera élevée. La franchise est annuelle et il n’est pas toujours possible de choisir la plus faible car on peut vous demander pour cela un rendez-vous médical ainsi qu’un contrôle dentaire. Cependant, même lorsque la franchise est payée, vous devrez toujours vous acquitter de 10% de la facture. Bref, un système coûteux et des prestations pas forcément qualitatives. Un de mes collègues nous raconte souvent l’histoire de sa grand-maman (on dit peu grand-mère ici) de 90 ans (nonante ans) qui est malade et hospitalisée dans une chambre de 8 personnes. Nous sommes bien loin de l’image des cliniques suisses luxueuses, réservées à des clients très privilégiés (comprendre très aisés).
  • Si vous êtes frontaliers, depuis Juin 2014 vous n’avez plus le droit de souscrire à une assurance privée. C’est donc soit la LAMal, soit la CMU. Point très important, vous avez 3 mois à compter de votre installation en France ou de votre prise d’emploi si vous viviez déjà en France, pour vous déclarer auprès de l’assurance maladie française, sans quoi vous serez automatiquement rattachés à la Suisse. Contrairement à ce qu’on croit souvent, la CMU n’est pas gratuite. La cotisation est égale à un pourcentage du revenu. 6% la première année, 8% à partir de la deuxième. La CMU sera ainsi votre sécurité sociale et pour être bien couverts il vous faudra également opté pour une complémentaire santé. Une solution couteuse mais une couverture indéniablement plus complète. En revanche, notez que l’administration a un énorme retard, en Décembre 2015, les dossiers de Juillet 2015 étaient traités. Il ne faut donc pas être pressés… Je vous conseille vivement de vous inscrire le plus rapidement possible. Mes interlocuteurs m’ont affirmé que les délais allaient être réduits dans les mois à venir mais on peut en douter… Concernant le délai de 3 mois, celui ci est respecté si vous envoyez vos documents à l’assurance maladie française dans les délais, la Suisse étant visiblement informée des retards de la France dans le traitement des dossiers. Il  est donc impératifs si vous optez pour la CMU d’envoyer vos documents en recommandé avec accusé de réception.

 

L’ouverture de compte est un passage obligé pour toucher son salaire. Il est indispensable d’avoir un contrat de travail pour pouvoir procéder à l’ouverture. Si c’est votre cas, ce sera assez simple. Au départ, tant que vous n’aurez pas reçu votre permis de travail, vous ne pourrez pas avoir de VISA ou de Mastercard mais vous aurez une V-Pay ou une Maestro, c’est-à-dire une carte de débit. Les frais de gestion du compte sont corrects et il est possible de faire tout un tas d’opérations depuis les bornes, ce qui est très appréciable. La sécurité est optimale. En ouvrant un compte en Suisse, vous vous engagez, si vous résidez en France ou à l’étranger, à déclarer vos comptes auprès des autorités fiscales de votre pays de résidence.

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La vignette est probablement la démarche la plus simple et la plus connue. Que vous empruntiez les routes suisses une fois par an ou toute l’année, vous devrez vous acquitter de la même vignette. Son coup est d’environ 45/50€ selon le taux de change.

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Les démarches peuvent faire peur mais ne sont qu’une mauvaise étape à passer ! Une fois tout ça terminé, vous pourrez profiter pleinement de votre nouvelle région ! 🙂

  • Prato FRANCOISE

    J'aimerai bien recevoir cet article par mail, car je ne peux l'imprimer merci beaucoup Mme Prato

    • Helene

      Bonjour Mme Prato, Vous pouvez désormais vous envoyer l'article par email en cliquant sur le logo avec la petite enveloppe. Bonne soirée !

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