J’aime de moins en moins Instagram, et vous ?

Je ne pensais pas écrire cet article mais récemment, le contenu de mon feed Instagram m’a amené à me poser beaucoup de questions. PamPille étant mon espace d’écriture, le lieu où je partage mes expériences mais aussi mon ressenti sur certaines choses, il me semblait intéressant de développer ce sujet ici et de partager avec vous mon opinion car oui, c’est un fait, j’aime de moins en moins Instagram. Je vous préviens, cet article est LONG !

Les débuts

J’ai ouvert mon compte personnel sur Instagram en janvier 2015. Au début, je ne m’en servais quasiment jamais. C’était déjà très populaire mais je ne voulais pas perdre trop de temps sur Instagram sachant que je trouvais perdre déjà un temps considérable sur Facebook.

Puis le temps a passé et Facebook est devenu un peu fané. Je trouvais le réseau très utile pour communiquer avec mes amis, organiser des évènements et autre, mais la qualité des posts me semblait devenue vraiment faible. Facebook était déjà surchargé de publicités et posts inintéressants en tout genre. Tout doucement, je me suis tournée vers Instagram. C’était encore ce que j’appellerais La Belle Epoque.

La belle époque

J’ai toujours été une grande amatrice de photographies. Instagram, qui est à la base, ne l’oublions pas, un réseau de partage de photographies, me faisait rêver. J’adorais suivre des comptes comme celui National Geographic par exemple, qui postait toujours (encore aujourd’hui d’ailleurs) de superbes photos de paysages et d’animaux de par le monde, souvent avec des légendes longues et intéressantes dignes d’un article de presse. J’aimais beaucoup le compte d’Alex Vizeo aussi, qui me faisait voyager au gré des posts. J’aimais bien celui de Nicole Warne du blog Gary Pepper, qui postait toujours des clichés sublimissimes. De manière générale, les photos étaient superbes, c’était un petit moment d’évasion en direct depuis son smartphone.

Je suivais à l’époque très peu de personnes mais j’ai commencé à suivre les bloggeuses d’autrefois, qui se réinventaient sur Instagram. On peut citer par exemple Betty Autier (le Blog de Betty), Coline (Et pourquoi pas Coline), Alix (The Cherry Blossom Girl), entre autres !

La montée en puissance des influenceurs

Le temps a passé et j’ai ressenti comme un shift dans le contenu d’Instagram. Je m’explique. Si devenir blogueuse semblait demander beaucoup de temps pour rédiger les articles et prendre les photos, Instagram semblait facile et de plus en plus de gens s’essayaient à cette nouvelle forme de blogging 2.0. Les photos de tenues, d’hôtels, de restaurants, qui tagguaient soit les établissement soit les marques ont commencé à devenir de grands classiques. En parallèle, de plus en plus de fonctionnalités faisaient leurs apparitions, augmentant encore d’avantage la portée des futurs influenceurs et influenceuses.

Au départ, comme ces tags de marques n’étaient soumis à aucune règle précise, finalement peu de monde précisait s’il s’agissait d’un partenariat ou non et il était facile de croire que c’était un bon conseil partagé de manière bienveillante avec une communauté. Finalement, les influenceurs(euses) postaient très souvent et partageaient beaucoup de leur vie personnelle. On avait l’impression de les connaître, de suivre la vie d’un(e) ami(e). D’ailleurs, au départ, les posts étaient moins lisses, ils semblaient plus authentiques et finalement c’est ça qu’on recherchait. C’était intéressant de voir les produits sur quelqu’un de normal, qui n’était pas mannequin et qui n’avait, a priori, pas eu recours à Photoshop (belle naïveté n’est-ce pas ?). Même chose pour les produits qui n’étaient pas des vêtements mais dont on pouvait avoir un aperçu “dans la vraie vie”. Du moins c’est ce qu’on pouvait croire en voyant les posts de l’époque.

Il y a de bons côtés. Grâce à Instagram, j’ai découvert de petites marques que je n’aurais sûrement jamais découvert sans le réseau. Et à tort car ce sont de jolies marques ! Même chose pour certains restaurants ou certains lieux de voyage.

Instagram 3.0

Replaçons tout ceci dans son contexte. J’ai créé un compte professionnel en mars, en parallèle du lancement de ma boutique de bijoux. J’ai commencé à utiliser Instagram quotidiennement de manière que je qualifierais de professionnelle si on peut dire. Avant The Poppy Lab, c’était clairement un réseau que j’adorais et sur lequel je passais beaucoup (trop) de temps à scroller des photos toutes plus belles les unes que les autres. Je n’ai jamais chercher la reconnaissance sur Instagram donc je postais très très peu par contre je me connectais quasiment tous les jours, généralement dans le tram le matin en allant au travail. Je ne commentais que rarement les posts, en fait c’était vraiment comme une vitrine que je regardais tous les jours. Avec The Poppy Lab, j’ai dû revoir mon utilisation d’Instagram, et c’est ce qui a accéléré mon désamour pour ce réseau.

L’influence comme une nouvelle stratégie marketing

Revenons à nos moutons, au bout d’un moment, après cette période idéale qu’était la Belle époque, les marques, y compris les très grosses marques, ont commencé à se dire que les influenceurs(euses) et leurs milliers voir millions d’abonnés pourraient vraiment leur être super utiles, notamment pour toucher un public plus jeune. Pas folle la guêpe. Ils ont vite repéré le bon filon.

Et là, pour moi, c’est vraiment le début de la fin.

Pourquoi ? Parce qu’à partir de là, la quantité de posts faits en partenariat avec des marques a explosé. Au départ, ce n’était pas toujours mentionné et on pensait encore que c’était des partenariats vraiment choisis et que les influenceurs offraient une opinion authentique. Mais l’oeil des abonnés s’est aiguisé et il était de plus en plus flagrant que ces posts étaient des partenariats et qu’ils ne reflétaient en rien la pensée des personnes qui les rédigeaient. D’ailleurs on apercevait de plus en plus les mêmes produits chez tout le monde. C’était le début de la déferlante de posts quasi publicitaires. La qualité des posts à ce moment là a considérablement augmenté, les photos étaient bien plus professionnelles, on ne voyait plus beaucoup de photos prises à l’arrachée devant son miroir (même s’il y en a toujours évidemment). Une stratégie a commencé à se dessiner (les feeds harmonieux, les liserais blancs autour des photos, les call-to-action dans les légendes, etc. etc. etc.).

Instagram est devenu une industrie et les influenceurs(euses) ont commencé à être rémunérés pour leur travail qui était maintenant reconnu comme un vrai travail.

Je suis tout à fait d’accord sur le fait que ces personnes doivent être rémunérées. Tout travail mérite salaire et il ne faut pas rêver, influencer, poster régulièrement, tout ça prend un temps monstrueux. En effet, les réseaux sociaux ont vite fait de vous oublier si vous ne postez pas à intervalles réguliers. Malheureusement, je trouve que d’un côté, en se professionnalisant, les influenceurs (euses) ont perdu ce qui, pour moi, faisait leur intérêt : l’authenticité.

Vous allez me dire, on peut être rémunéré et rester fidèle à soi-même et honnête envers sa communauté. Oui, tout à fait. Mais malheureusement cette rémunération peut aussi en pousser certain(e)s à justement dire du bien d’une marque qu’ils n’ont finalement même pas testée. Il y a d’ailleurs eu plusieurs affaires ces derniers mois qui concernaient des influenceurs qui vantaient les mérites de marques qu’ils n’avaient en réalité jamais essayées et qui n’étaient clairement pas recommandables. C’est triste.

En fait, les gains générés par certain(e)s influenceurs(euses) ont commencé à attirer la convoitise. D’un coup, tout le monde se rêvait influenceur(euse) et tentait sa chance sur le réseau social, avec plus ou moins de réussite.

Pour être très honnête avec vous, je ne suis pas une grande fan de tout ce qui a trait au marketing d’influence. Et c’est encore plus vrai depuis que je gère The Poppy Lab. En effet, j’ai vraiment de plus en plus de mal avec la façon dont ce travail est perçu mais aussi avec la façon dont il s’exerce désormais. Je m’explique.

La façon dont le travail d’influenceur est perçu

Comme déjà précédemment mentionné, j’ai créé une boutique en ligne appelée The Poppy Lab, sur laquelle je vends, entre autres, mes propres créations. La boutique a ouvert le 1er avril 2019. Le profil Instagram de ma boutique existe depuis Mars 2019 et je dois dire qu’il m’a réservé beaucoup de surprises !

L’illusion d’une vie meilleure

Comme expliqué précédemment, le succès de certains et certaines sur Instagram laisse rêveur beaucoup de monde. Le style de vie luxueux, le physique parfait, le look toujours impeccable, les voyages au bout du monde… Tout ça a entrainé une sorte d’effet “pourquoi pas moi” et a clairement suscité des vocations.

Sauf que…

On oublie souvent une chose essentielle. Une grande partie de tous ces gens très célèbres sur Instagram… l’étaient déjà avant. Chiara Ferragni était déjà une bloggeuse à succès, Beyoncé était déjà la Reine de la Pop, Kim K était déjà… Kim K, bref beaucoup étaient déjà connu(e)s avant. Caroline Receveur, Nabilla, elles aussi n’ont pas été connues grâce à Instagram.

Alors oui, certaines ont réussi, ont créé un profil qui a plu, ont gagné en reconnaissance et ont fini par en vivre. Mais tout ça au prix d’un énorme travail.

Je tiens vraiment à insister là dessus. Les influenceurs / influenceuses qui réussissent travaillent beaucoup. On ne se lève pas un matin en prenant 2/3 photos de sa tenue et pouf 250K abonnés. Non, ça prend du temps, beaucoup de temps, et du travail, BEAUCOUP de travail.

Le rêve de l’argent facile

C’est un peu le piège d’instagram, ça semble facile, ça semble être le job de rêve. Poster ces tenues, poster quelques photos de son quotidien et en vivre, en plus grassement puisqu’on peut voyager en permanence dans des conditions idylliques.

Ce piège a créé deux comportements qui me font régulièrement sortir de mes gonds.

Le premier est un peu désespéré voir même franchement triste. Depuis avril, je reçois beaucoup de messages de personnes se déclarant influenceuses et voulant m’aider au développement de ma marque. Pourquoi pas. Cependant, et c’est là que je trouve ça triste, ce sont souvent des personnes au profil similaire : souvent dans une situation un peu précaire ou difficile et semblant voir Instagram comme une échappatoire. J’entends par là, quelque chose qui va les sauver, leur faire connaître gloire, argent et succès. J’ai reçu des messages de personnes m’expliquant très en détails leur situation personnelle et m’expliquant vouloir se reconvertir mais ne connaître finalement rien ou presque au marketing digital et n’ayant que très peu d’abonnés mais pensant qu’aujourd’hui avec les réseaux sociaux et internet “tout est possible”. Alors, oui mais non. Qui irait passer un entretien en disant “alors voilà, je veux bien tel poste mais je n’y connais rien par contre, et voilà mes prétentions salariales”. On vous montrerait la porte au bout de 5 minutes. C’est triste de voir que des personnes fragiles, finalement un peu désespérées et sans doute dans une situation financière précaire, croient avoir avec Instagram un moyen de gagner de l’argent facilement. Quand ça parait trop facile a priori il y a un problème les amis. Les photos paraissent prises en 5 minutes, la vie semble idéale mais ces personnes ne voient pas le travail qui se cache derrière ces images. Je le répète : c’est un travail. Les photos semblent prises sur le vif mais derrière il y a 400 photos qui ont été prises pour une seule retenue dans la grande majorité des cas !

Deuxième type de comportements : les influenceurs qui se croient tout permis et à qui tout est dû. Et alors là, franchement, ça m’agace. Je ne compte plus les messages de personnes se disant influenceurs, parfois avec très peu d’abonnés, parfois avec un nombre important (sans être au delà des 20K), me demandant des produits gratuits en échange d’un post. Déjà, 90% de ces messages proviennent de gens qui ne me suivent même pas et qui ne m’ont jamais passé commande (ce qui montre vraiment l’intérêt réel pour mon travail). Ensuite, je suis une toute petite boutique qui débute. Je le prend vraiment comme un manque de respect total envers le travail fourni et l’investissement réalisé que de demander en permanence des produits gratuits alors que le message de la demande et l’attitude de la personne laisse transparaître de manière très claire le désintérêt total pour ma marque et mes créations. La fast fashion, la surconsommation, tout ça a du aussi peser dans la balance, mais ces personnes ne se rendent absolument pas compte de l’investissement tant en terme de temps, qu’en terme d’argent, que la création d’une boutique / entreprise demande. C’est très difficile au début donc si en plus toutes les pièces doivent être offertes gratuitement, on ne peut pas s’en sortir ! D’autant plus que vraiment il n’y a rien dans les messages qui expliquent pourquoi mes bijoux leur plaisent, non c’est vraiment “Vous cherchez des ambassadeurs ? Si vous m’envoyez deux bijoux je fais un post et une story.” Merci, mais non merci.

La façon dont travaille beaucoup d’influenceurs aujourd’hui

Il y a la perception du travail qui pose problème, mais aussi la réalisation de ce dernier. Et là, on touche du doigt ce qui pénalise Instagram de façon générale. Ce que je vous décris plus haut ne touche finalement que les marques et les entreprises. Ce que je vais vous décrire maintenant affecte l’expérience de tous les utilisateurs.

La déferlante de contenu poubelle

Comme je vous disais plus haut, j’aime beaucoup la photographie et c’est ça qui m’avait attirée vers Instagram. Peu à peu j’ai commencé à passer beaucoup de temps aussi comme utilisatrice d’instagram, c’est-à-dire simplement à scroller / commenter / liker / etc.

Ces derniers temps, je trouve que nous sommes de plus en plus souvent confrontés à ce que j’appellerais du contenu poubelle. De la MERDE quoi.

C’est un de ces posts bien pourri qui m’a poussé à écrire cette article.

Il y a quelques jours, comme d’habitude, je scrollais Instagram dans le tram quand je suis tombée sur le post d’une influenceuse que je suis depuis un moment, qui poste d’habitude des choses plutôt lifestyle / famille. Et bien aujourd’hui elle nous a pondu un joli post en partenariat avec une marque de chips et nous a expliqué être fan de ces superbes chips révolutionnaires avec au dessus de cette superbe légende une photo d’elle et son mari dévorant le paquet de chips bien mis en évidence. Cette même personne parle en permanence de produits cosmétiques permettant d’améliorer la silhouette et aujourd’hui elle nous parle d’une marque de chips…. Alors, je m’excuse d’avance auprès de ceux qui ne seront pas d’accords avec moi, mais pour moi ça c’est typiquement du contenu poubelle. C’est de la merde ni plus ni moins. On est déjà bombardés à longueur de journées par des pubs débiles que ce soit sur l’arrêt de bus, dans le bus / tram, à la TV, sur internet, bref, PARTOUT, maintenant même les posts instagram qui avant avaient au moins un minimum d’attrait esthétique ou présentaient quelque chose de nouveau, deviennent des affiches géantes de marques de supermarché. Suis-je la seule à me sentir vraiment de plus en plus dérangée par ces publicités ?

En plus, on se sent vraiment pris pas des pigeons de la première heure avec ces contenus car mon dieu, que c’est redondant. Car bien sûr, les posts en partenariat avec cette marque de chips ont fleuri partout sur Instagram. Il y a quelques années, vraiment, comme dit plus haut ça passait pour un coup de coeur généralisé, aujourd’hui, les gens ne sont pas dupes et voient bien qu’il s’agit simplement d’une campagne marketing organisée par la marque en question. Il y a eu d’ailleurs beaucoup de scandales ces derniers mois, au sujet d’influenceurs vantant les mérites de produits qu’ils n’avaient jamais acheté, parfois même jamais vraiment reçus et qui étaient en fait, disons le clairement, des daubes Aliexpress vendues en dropshipping par des sites qui ne sont pas de vraies entreprises et dont la durée de vie n’excède parfois pas quelques semaines.

Il y a de ça plusieurs semaines, une autre influenceuse plutôt connue elle aussi, avait fait poser son mari dans sa salle de bain avec un produit cosmétique posé négligemment à côté de lui. Elle avait déclenché un tollé car n’avait pas mentionné qu’il s’agissait d’un partenariat alors que clairement la position étonnante du produit cosmétique ne laissait aucun doute sur la nature réelle de son post. Elle avait posté un certain nombre de stories ensuite pour se justifier et expliquer qu’elle était vexée et en désaccord avec les critiques et qu’elle postait ce qu’elle voulait et qu’elle ne forçait personne à la suivre. D’ailleurs, un certain nombre de ces fans avaient volé dans les plumes des quelques personnes qui s’indignaient dans les commentaires en répétant qu’elle faisait ce qu’elle voulait et que si ça ne leur plaisait pas ils n’avaient qu’à se désabonner. Dommage, c’est ce qu’il s’est effectivement passé, entrainant alors d’autres stories et “mises au point” du type donneuse de leçon particulièrement agaçantes. Car oui, je suis désolée mais aujourd’hui, d’un point de vue légal, cette personne était tenue d’indiquer qu’il s’agissait d’un partenariat. Pourquoi ? Pour ne pas tromper le consommateur potentiel. D’autre part, elle parlait ici d’une marque dont elle ne parlait pas souvent (jamais ?) et qui comme par hasard était devenue “une de ses marques favorites” du jour au lendemain. Je trouve ça assez pitoyable. C’est clairement ce genre de posts bien pourris qui nuisent à l’image des influenceurs et influenceuses.

La starisation des influenceurs

Avez-vous entendu parlé du scandale de l’influenceuse qui avait contacté un petit hôtel irlandais en demandant un séjour gratuit en échange de posts ? C’est typiquement ce qui me sort par les yeux.

J’ai vu passer un post dans la story d’une influenceuse plutôt connue qui m’a vraiment outrée. Cette personne avait reçu de la part d’une petite marque locale une demande de partenariat. La marque proposait de lui offrir des échantillons de ses produits pour qu’elle puisse les tester. L’influenceuse n’a pas apprécié qu’on lui propose des échantillons, a posté le message en story en précisant que ce n’était pas de cette manière qu’il fallait s’adresser aux influenceurs et que du coup elle refusait l’offre. Elle a pointé échantillons discrètement, au cas où qui que ce soit avait un doute sur ce qui la dérangeait.

Encore une fois, je ne néglige pas la masse de travail engagée par cette personne pour en être là où elle en est aujourd’hui. Mais franchement, une petite marque locale qui a développé ses propres produits et qui essaye de se faire connaître ne peut pas forcément envoyer des tonnes de produits à tous les influenceurs. Je comprend bien la démarche d’offrir des échantillons. Moi même j’avais au départ contacté quelques influenceuses pour leur parler de la boutique et des articles et leur offrir un rabais. Il est clair que je n’ai jamais eu la moindre réponse et je comprend mieux pourquoi…

Les influenceurs ont l’habitude d’être choyés et traités comme des pseudo-stars. Ils oublient complètement que s’ils en sont là c’est parce que nous les suivons et que si nous les suivons, c’est parce qu’à la base ils étaient des personnes comme tout le monde, des personnes authentiques, loin des stars habituelles qu’on voyait partout dans la presse et à la télévision. En se plaçant au dessus des autres et en attendant des traitements de faveur, ils ne valent pas mieux qu’une publicité sur papier glacé. En plus, je me pose vraiment la question de la qualité du contenu de leurs posts quand ils n’acceptent que des produits gratuits et ne veulent pas faire l’effort de découvrir les marques en investissant finalement au moins une partie du prix que les abonnés décidant de suivre leurs conseils devront payer.

Par exemple, votre avis sur un produit cosmétique à 200€ censé unifier le teint serait-il le même selon qu’il vous ait été offert ou non ? Je n’en suis pas certaine. Si vous avez vraiment dépensé 200€ pour ce genre de produit, vos attentes vont être énormes, et c’est bien normal. Si on vous l’a offert en revanche, il y a de grandes chances pour que vous soyez beaucoup plus tolérant(e).

Le marketing du vide

Je trouve qu’on est face aujourd’hui à une culture du post à tout prix. Qu’on ait quelque chose à dire ou non, on poste car les gourous du marketing digital ont dit qu’il fallait être régulier et poster tous les jours.

Parfois, les posts sont sans aucun intérêt. Souvent même. Au final on a juste l’impression de perdre son temps à regarder des âneries. C’est triste et ça va de paire selon moi avec le prochain problème.

“In love with myself, in love with my own reflection”

Les paroles de cette chanson me reviennent en tête régulièrement quand je scroll sur Instagram. C’est très bien le body positive, l’acceptation de son corps et de ces défauts. Par contre, être tout le temps en train de se regarder le nombril, se prendre en photo toute la journée même dans des situations sans intérêt ou encore se mettre en avant sans cesse laisse entrevoir un égocentrisme de plus en plus grandissant dans la population. Ce genre de contenu n’a que peu d’intérêt selon moi. Pire, ça sonne creux. Certaines personnes transparaissent vraiment le manque de culture, le manque d’intérêt pour les autres, le manque d’intérêt pour le monde qui les entoure, pour l’actualité, pour tout finalement, y compris pour des causes quelles qu’elles soient autre que tout ce qui peut flatter leur ego. C’est un peu lié aussi à la starification et au fait que les influenceurs sont souvent perçus comme des personnes normales qui ont percé, rendant le statut d’influenceur comme un rêve accessible à tous. Tout le monde peut le faire, tout le monde peut se stariser et du coup tout le monde en profite pour devenir un peu l’ambassadeur de lui-même, en se mettant en avant en permanence.

Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, mais je déplore vraiment la qualité de certains posts, je trouve les posts désormais très similaires d’un compte à l’autre, creux, sans saveur, sans audace, sans créativité. Les posts tournent beaucoup autour du “moi, je”. Moi à la plage, moi au travail, moi dans ma salle de bain, moi buvant un café, etc.

Je trouve tout ça d’autant plus triste pour les plus jeunes, qui passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et qui grandissent avec et au travers de ces mêmes réseaux. On ne peut pas dire que ça incite beaucoup à s’intéresser aux autres, à la culture ou à l’actualité.

L’impact sur le moral

Une autre chose encore. Il a été prouvé qu’Instagram déprimait. Et je dois dire que le temps passé sur le réseau ces derniers mois m’a effectivement permis de ressentir parfois un peu de tristesse ou d’anxiété. Pourquoi ? Parce qu’on nous bombarde de photos prises dans des endroits idylliques, des hôtels paradisiaques, des restaurants incroyables, des rues superbes, des villes du bout du monde, le tout pris par des personnes au style toujours impeccable, toujours dans la tendance, toujours avec les accessoires qui vont bien. Au départ, Instagram était un petit réseau, les photos laissaient transparaître l’authenticité. Aujourd’hui, tout est calibré au millimètre près, tout fait rêver ou en tout cas a pour but de faire rêver. Nos vies nous paraissent ternes si on les compare aux mises en scènes d’Instagram. Je plains également les riverains de lieux “instagrammables” … Qui doivent aussi avoir le moral dans les chaussettes ! J’ai vu une story d’une influenceuse connue qui demandait des recommandations de lieux / restaurants “instragrammables” pour la destination de ses prochaines vacances. Même pas des bons restaurants, non, juste ceux qui rendront bien dans son feed. C’est triste d’en être arrivée là.

L’impact sur l’environnement

D’un point de vue écologique, Instagram est une catastrophe. Je lisais il y a quelques jours un article attirant l’attention des gens sur le fait que les champs de lavande souffraient de leur côté instagrammable. En effet, ils sont régulièrement piétinés par les adeptes du réseau souhaitant eux aussi leur photo au milieu des champs. Source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-de-haute-provence/valensole-difficile-cohabitation-entre-tourisme-masse-producteurs-lavande-1694366.html

Je n’évoquerai même pas la surconsommation qui est encouragée par Instagram. On vous montre en permanence des nouveautés, on vous donne toujours envie d’acheter plus, plus, plus.

Quelle est l’utilité réelle d’Instagram ?

Enfin, je me demande vraiment quel est l’impact réel, s’il existe, de ces influenceurs(euses). Au final, les photos qu’ils postent aujourd’hui sont toutes très soignées, toutes retouchées ou presque, bref, elles sont exactement à l’image de ce qu’on trouve dans les publicités classiques. Ce qui distinguait les influenceurs (à savoir, le manque de professionnalisme, l’authenticité, les défauts, les erreurs) tout ça a disparu. Même le choix des partenariats pour les très gros influenceurs est maintenant géré par des agences spécialisées qui agissent comme des agents pour leurs nouvelles “stars”.

Leurs conseils sont-ils valables ? Je me souviens d’avoir acheté des cosmétiques green extrêmement chers sur les conseils d’une influenceuse il y a quelques années. C’était une personne avec une petite communauté et à qui je faisais vraiment confiance. Au final les produits étaient biens, mais sans plus, et ne valaient pas l’investissement. Cette jeune femme n’avait pas payé ces produits, par conséquent son avis me semble, avec le recul, vraiment biaisé. Ce genre de contenu pousse à la consommation excessive de choses dont on n’a pas besoin et qu’on n’aurait finalement jamais achetées si elles ne nous avaient pas fait envie au détour d’un post Instragram.

De plus, il faut savoir que le “reach” qui est aujourd’hui le nerf de la guerre sur les réseaux sociaux, est en baisse. L’engagement des abonnés face au posts sur les réseaux sociaux est en baisse également. Est-il donc rentable d’investir dans une stratégie marketing incluant des influenceurs ? Je n’ai pas la réponse mais c’est une question que je me pose très souvent.

J’ai rencontré il y a peu une micro-influenceuse (qu’on appelle aussi influenceuse de niche car elle dispose d’une petite communauté très ciblée) pour la première fois. Quelqu’un de très sympathique, issue du marketing et bloggueuse depuis des années. Je comprend bien qu’elle a aujourd’hui une vrai petite communauté et j’apprécie son travail. Par contre, j’ai lu cette semaine un article indiquant que les influenceurs(euses) influençaient de moins en moins de monde. Nous sommes donc en droit de nous demander si ce genre de partenariat vaut vraiment la peine pour de petites boutiques comme la mienne ? Rien n’est moins sûr.

Enfin, je terminerai en vous partageant cet article très intéressant d’une spécialiste marketing américaine que je vous recommande vivement et dont le titre est très clair “It’s time to address the elephant in the room: Influencers don’t really influence anything or anyone!” : (en anglais désolée) https://medium.com/21st-century-marketing/its-time-to-address-the-elephant-in-the-room-influencers-don-t-really-influence-anything-or-ee036b4abbb

Voilà pour cet article un peu un coup de gueule. Parfois je suis vraiment à un cheveu de simplement fermer mon compte Instagram tellement ce réseau a changé et n’est plus qu’un énorme business.

Je serais très curieuse de connaître votre avis sur ce sujet et d’échanger avec vous dans les commentaires.

Cet article est le reflet de mon opinion personnelle, je conçois tout à fait qu’on ne partage pas mon avis. Je suis ouverte à la discussion et au débat tant que celui-ci se fait dans le respect des opinions et avis des uns et des autres :)

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