Expatriation – Le bilan au bout d’un an (ou presque)

Il y a presque un an, c’était le début d’un long parcours du combattant. Recherche d’appartement, démarches administratives en tout genre et acclimatation à ma nouvelle vie.

Il y a presque un an, je débarquais à Genève, en Suisse.

Le Lac Léman
Le Lac Léman

Le point de départ

En Janvier 2015, alors que je vivais à Luxembourg, j’ai passé avec succès un entretien pour un emploi à Genève. S’en est suivi une longue période d’attente. L’attente du départ, prévu en Septembre 2015, et du début d’un nouvel emploi, prévu le 1er Octobre 2015. Période qui était également synonyme de stress dans la mesure où mon copain devait lui aussi trouver un emploi sur place, ce qui n’est pas forcément évident quand on vient de l’étranger. Après des mois de recherches, en août c’était chose faite. En Septembre, c’était les derniers préparatifs du départ et le début de la nostalgie. On voit ses amis, sa famille et une région qui n’est peut être pas la plus belle du monde mais qu’on a appris à aimer, et vient le temps de dire au revoir, de boucler les valises, fermer les derniers cartons et partir. Bye bye Luxembourg, bonjour Genève !

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Luxembourg

 

L’arrivée

Je vous renvoie à mon précédent article pour avoir plus d’informations sur la recherche d’appartement et les démarches administratives. Je ne détaillerai pas ce sujet ici.

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Globalement, l’arrivée a été tumultueuse. Les démarches ont été très nombreuses et nous débutions dans nos nouvelles entreprises 5 jours après notre arrivée. En terme de stress, on était plutôt pas mal. On avait obtenu notre appartement in extremis. Arrivée le 25, signature du bail à 15h, retour du camion à Annemasse le lendemain 10h. Dur. Il nous manquait des meubles, il a fallu s’équiper chez Ikea, monter tout, déballer les cartons, tout ranger. Bref. 5 jours très intenses.

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Concernant Genève, au départ, c’était un peu dur. On travaille dans des quartiers éloignés du centre ce qui nous a fait penser qu’en dehors de quelques quartiers très beaux et très chers, Genève n’était pas vraiment une belle ville. De grands HLM, des tours des années 70/80 laissées en l’état… On était loin de la carte postale lac / jet d’eau et belles bâtisses.

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Trop beau Genève !

Le coût de la vie est un autre point qui nous a laissé incrédules plusieurs fois. Tout est extrêmement cher. On nous le dit beaucoup avant de venir mais on ne s’en rend vraiment compte qu’une fois sur place et la prise de conscience est très douloureuse. On s’aperçoit très vite qu’on peut oublier tout projet de devenir un jour propriétaire à Genève. Il faut compter une enveloppe d’environ 1 million de francs suisse soit 900 000 euros pour un appartement à Genève. A ce prix là, la concurrence est rude et au final il faut souvent débourser un peu plus pour un appartement sympa. Sachant qu’un dossier ne sera recevable qu’avec 20% de fonds propres minimum, compliqué de devenir propriétaires !

Ne parlons même pas de la sécurité sociale. Ici ce ne sera pas déduit de votre salaire, c’est à vous de faire la démarche de souscrire à une assurance maladie. C’est TRÈS cher et la couverture est tout de même discutable pour le prix payé chaque mois.

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Le mal du pays a été très présent et l’acclimatation assez rude. Comme pour toute expatriation, on se rend compte que la région dans laquelle on vit désormais a aussi ses défauts et ses inconvénients. Il faut retrouver ses marques, ses habitudes. Et ça prend du temps !

 

La routine genevoise

Au bout de quelques mois, on a commencé à apprécier la ville. On a découvert des quartiers très sympa : Plainpalais, les Eaux-Vives, etc. On a commencé à connaître quelques petites adresses à tomber et à trouver une certaine routine. On a fini par apprécier la météo, le paysage et les nombreuses possibilités d’activités en plein air, hiver comme été. Plutôt pas mal !

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Après un passage à l’Inglewood (à faire IMPERATIVEMENT si vous passez sur Genève) et quelques après-midis au bord du lac, on était conquis.

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Après un automne gris et très calme, l’hiver a marqué le début d’une nouvelle ère. Pouvoir chausser ses skis dans les Alpes à 1h15 de voiture de chez nous, c’est déjà top. Avoir la possibilité de skier dans le jura, à 15 min de chez nous, c’est génial. Que demander de plus !

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Au printemps, la ville s’est réveillée. Les rues du centre ville et les bords du lac étaient bondés. Les jours de beau temps, la lac et les petites terrasses de la vieille ville rendaient les journées merveilleuses. La proximité de villes magnifiques comme Annecy rend la région encore plus belle.

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Nous sommes désormais en été et les activités au bord du lac s’annoncent parfaites. Vivement les premières baignades ! La possibilité de déjeuner le midi sur les bords du lac rend également la qualité de vie plutôt très agréable.

En cette période estivale, il est également possible de visiter un certain nombre de jolies villes qui bordent le lac, telles que Montreux par exemple ou Lausanne, qui est très agréable en été.

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Le bilan

Il est difficile de ne pas tomber dans le piège de l’expatriation : la comparaison. C’est LA chose à ne pas faire et que vous ferez pourtant forcément au début.

On compare les prix d’ici et de là bas, en oubliant complètement que les salaires ici et là bas sont aussi très différents. On compare le marché de l’emploi, du logement, la nourriture, les gens, la météo, etc. Mais on le fait sans prendre la mesure des différences intrinsèques et culturelles de chaque ville / pays.

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Au départ lors de mon arrivée, je trouvais Genève horrible. Tous ces blocs, ces barres d’immeubles, on n’en a pas vraiment à Luxembourg. Mais j’oubliais aussi que Genève compte 2 fois plus d’habitants que la ville de Luxembourg (201 164 habitants à Genève contre 115 227 à Luxembourg) sur une surface.. plus petite. Genève fait 15,93km2, Luxembourg.. 51,73km2. Bien sûr ces chiffres sont tronqués par le fait que les communes directement autour de Genève forme quasiment une grande ville. Je pense notamment à Carouge, Petit-Lancy ou Grand-Saconnex. Quoi qu’il en soit la densité de population est de 12 628 habitants par kilomètre carré à Genève quand on est à 2 227 habitants par kilomètre carré à Luxembourg. Forcément, les besoins ne sont pas les mêmes. Mais l’erreur est commune, peu importe notre point d’origine, de comparer tout et n’importe quoi.

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Je note aussi que quand on est loin, quand on a quitté un endroit dans lequel on se plaisait et où on a vécu très longtemps, on a tendance à l’idéaliser. On oublie assez rapidement le négatif, les inconvénients, ce qui ne nous plaisait pas, pour ne se souvenir que du meilleur, de ce qui était joli, des avantages, des points positifs. En passant involontairement sous silence tous ces points négatifs, les idées qu’on garde en tête de l’endroit en question sont tronquées. On veut rentrer parfois, se disant que c’était bien mieux là où on était avant. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on retourne très peu souvent là où on vivait, ce qui est mon cas.

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En conclusion, l’expatriation est un exercice difficile qui demande du temps. On met du temps à quitter totalement un endroit et à en appréhender un autre pour qu’il devienne notre nouveau foyer. Il faut se donner le temps nécessaire pour apprécier totalement une nouvelle ville, une nouvelle région, se faire de nouveaux amis, découvrir de nouveaux endroits et être capables, aussi, de pleinement profiter des opportunités que nous offre ce nouvel endroit. Je tire un bilan très positif de mon année en Suisse. C’est un pays où il fait bon vivre. L’ambiance est agréable, il y a un certain nombre d’activités à faire, la météo est très correcte et ce panorama Mont Blanc – Lac Léman : magnifique ! Cependant, comme partout, il y a aussi des points négatifs. Genève ne conviendra pas à tout le monde, c’est certain. Les magasins ferment tôt, c’est très calme le soir et la ville est morte l’hiver. Cependant, l’expérience vaut le détour. L’expatriation force à sortir de sa zone de confort, à aller au delà de ses limites et à apprendre à respecter et à apprécier de nouvelles cultures. C’est une expérience inoubliable, qui forge l’esprit et nous rend profondément adaptables et prêts à parcourir le monde.

Mon rêve désormais ? L’Australie.

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