Comment se passe une grossesse en Suisse ?

Une nouvelle catégorie fait son apparition sur PamPille, la catégorie Maternité. Pour introduire cette nouvelle catégorie, j’ai préparé un article global qui explique le fonctionnement de la prise en charge en Suisse.

Être enceinte en Suisse

Si vous me suivez depuis longtemps, ça ne vous a pas échappé, je ne vis pas en France mais en Suisse depuis maintenant plus de 4 ans. La grossesse est-elle suivie différemment en Suisse ? La réponse est oui ! Le système de santé en lui même est déjà très différent ici, le suivi de grossesse l’est donc tout autant.

Comment fonctionne le système de santé Suisse ?

Je vais essayer de vous expliquer ça rapidement et simplement. En Suisse l’assurance de base, la LAMal (qui veut dire Loi sur l’Assurance Maladie), est obligatoire. Cependant, à l’inverse de la France, il ne s’agit pas d’une caisse de sécurité sociale unique qui prendrait en charge tout le monde. Plusieurs sociétés d’assurance sont habilités à proposer des offres à des prix différents pour l’assurance de base. La Suisse considère que l’assurance maladie est une affaire privée, par conséquent, si en France vos cotisations sociales incluent l’assurance maladie et sont prélevés directement par votre employeur sur votre salaire, ici ce n’est pas le cas. C’est à vous seul(e) que revient la responsabilité de souscrire à une assurance et de payer la facture de manière mensuelle / bi-mensuelle / trimestrielle / semestrielle ou annuelle selon ce que vous préférez. Enfin, la Suisse est une confédération, chaque canton est très indépendant. Les prix de l’assurance maladie seront différents d’un canton à l’autre et cela même si la société d’assurance est identique.

Vous pouvez choisir votre formule d’assurance de base parmi les modèles suivants :

  • Telmed : vous devez toujours appelé un centre médical pour une consultation par téléphone avant de consulter, si nécessaire, un médecin dans un cabinet. Les médecins du centre médical peuvent vous faire une ordonnance, l’idée est de limiter les consultations.
  • HMO : Health Maintenance Organization : il s’agit ici de réseaux de soins composés de médecins de différentes spécialités réunis dans un seul et même cabinet. Si vous souscrivez à un modèle HMO vous devrez toujours consulter d’abord en HMO avant d’être éventuellement redirigé vers d’autres spécialistes.
  • Médecin de famille : très proche du système français, le médecin de famille est un médecin généraliste et vous devrez toujours le consulter lorsque vous êtes malade, c’est lui qui vous redirigera ensuite vers des spécialistes si besoin.
  • Classique : vous pouvez choisir votre médecin pour chaque consultation et n’avez aucune obligation. Vous êtes libre.

Il va de soit que les prix vont différés d’un modèle à l’autre, le plus cher étant le modèle classique.

Un modèle qui fonctionne avec des franchises

C’est là une des différences principales avec la France, l’assurance maladie fonctionne avec une franchise allant de 300 à 2500 CHF. La franchise vaut pour l’année en cours, du 1er janvier au 31 décembre. Tant que vous n’avez pas dépassé votre franchise, vous payez 100% de la facture. Une fois la franchise dépassée, vous ne payez plus que 10% de la facture et l’assurance de base prend en charge les 90% restant. Evidemment, le montant de la franchise fait varier le montant des cotisations.

D’autres paramètres entrent en jeux pour faire varier les prix mais il serait beaucoup trop long de tous les détailler ici. Chaque société d’assurance proposent des offres avec quelques différences tant dans le package que dans le tarif. En Suisse, les prix de l’assurance de base augmentent tous les ans ou presque. Il est possible de changer de compagnie d’assurance chaque année avant la fin du mois de novembre, ce qui est très courant et vous pouvez même programmer un rappel sur certains sites de comparaison de tarifs d’assurance pour être sûr de ne pas manquer la deadline !

L’assurance complémentaire

En plus de cette assurance de base, il est possible de souscrire à une assurance complémentaire. En effet, avec l’assurance de base, la couverture reste assez minimale. Par exemple, en cas d’hospitalisation vous n’aurez pas de chambre individuelle, ou encore, si vous voulez consulter un ostéopathe, ceci ne sera pas forcément pris en charge par la base. Evidemment tous ces paramètres changent d’une assurance à l’autre. Il est important d’être vigilants lorsque vous souscrivez à votre assurance afin d’être sûr d’avoir la couverture que vous désirez. Aussi, faites attention, l’assurance complémentaire n’est pas aussi facile à résilier que l’assurance de base. Certaines vous engagent pour plusieurs années !

Enfin, il est important de noter que certaines prestations sont couvertes par l’assurance complémentaire mais pas par la base, ces prestations sont donc remboursées sans prise en compte de la franchise. Par exemple, j’ai commandé de nouvelles lentilles de contact. Comme j’ai droit à un certain montant par an pour les frais d’optique, j’ai pu être remboursée de ma commande sans prise en compte de ma franchise.

La prise en charge de la grossesse en Suisse

L’assurance de base couvre beaucoup de chose pour la grossesse. Notamment, à partir de la 13ème semaine de grossesse (ce paramètre peut potentiellement varier d’une société d’assurance à une autre) la franchise ne s’applique plus et vous êtes remboursée à 100% par la base.

Dans mon cas, l’assurance de base couvre :

  • 7 examens de contrôle avant l’accouchement
  • 2 échographies
  • Coûts d’examens complémentaires dans le cas d’une grossesse à risque diagnostiquée par le médecin traitant
  • 150 francs pour les cours en groupe de préparation à l’accouchement dispensés par une sage-femme
  • À l’accouchement, remboursement intégral des frais de séjour en division générale dans une chambre à plusieurs lits, dans un hôpital du canton de résidence
  • Coûts pour le nourrisson en bonne santé tant qu’il séjourne avec sa mère
  • 3 séances de conseil en allaitement auprès d’une sage-femme ou de personnel soignant spécialement formé à cet effet
  • 1 examen de contrôle entre la 6e et la 8e semaine suivant l’accouchement
  • D’autres examens complémentaires si nécessaire comme le DPNI, l’amniocentèse, etc.

L’assurance de base couvre l’hospitalisation en division générale mais il existe aussi la division semi-privée et privée.

  • La division générale : chambre partagée pouvant allé jusqu’à 7 voir 8 personnes pour une hospitalisation hors maternité et jusqu’à 3 personnes en maternité – les chambres dortoirs tendent néanmoins à disparaître et sont remplacées par des chambres de capacité plus faible
  • Division semi-privée : chambre de 2 personnes maximum
  • Division privée : chambre individuelle

Que couvre l’assurance complémentaire ?

Il n’existe pas de réponse unique, mais autant de réponses que de types d’assurances complémentaires.

Pour ma part, je possède une assurance complémentaire qui me permet de séjourner en division privée au lieu de la division générale, de choisir le lieu de mon accouchement de manière libre et d’avoir accès à un certain nombre de professionnels de différents domaines de la médecine alternative (acupuncture, ostéopathie, etc.).

Le congé maternité, le congé paternité et le congé parental en Suisse

Le congé maternité

En Suisse, tout varie d’un canton à l’autre. Le congé maternité minimum fixé par le gouvernement fédéral est de 14 semaines rémunéré à 80% du salaire avant accouchement. Dans le canton de Genève, le congé maternité est de 16 semaines.

Certains employeurs offrent un congé plus long. Par exemple mon précédent employeur offrait 10 semaines supplémentaires, ce qui portait le congé à 26 semaines.

Le congé maternité débute ici au moment de l’accouchement. Il peut sous certaines conditions débuter avant mais ça reste assez rare. Il est possible en revanche d’être en congés maladie ou d’avoir une réduction médicale de son temps de travail si le médecin le juge nécessaire.

Le congé paternité

La Suisse est très en retard sur ce sujet. Une récente étude plaçait d’ailleurs la Suisse dernière des pays européen en matière de politique familiale.

Pour l’instant il n’y a aucun congé paternité prévu par la loi. C’est au bon vouloir de l’employeur. Mes collègues futurs papas bénéficient de 10 jours de congés, mon conjoint lui n’a que 2 jours. Soit autant qu’un déménagement. C’est dire à quel point le rôle du père est valorisé.

La Suisse reste encore très ancrée dans les traditions et malheureusement le rôle des femmes et encore plus des mères reste très à l’ancienne. On a un peu l’impression que les politiques sont décidées en partant du principe que de toute façon la mère sera à la maison. Ce qui est assez triste et selon moi assez révoltant mais c’est un autre sujet ! Je dois reconnaître que ça fait clairement partie des points que je déteste en Suisse. Mais le pays parfait n’existe pas, il y a du bon et du moins bon partout donc nous devons faire avec 🙂

Rendez-vous ici pour l’étude de l’OCDE ” Are the world’s richest countries family friendly? ” pour ceux que ça intéresse (en anglais).

Le congé parental

Il n’existe tout simplement pas !

Voilà pour un premier aperçu de la prise en charge de la grossesse et du système de santé suisse. Un prochain article paraîtra sur le déroulement et la prise en charge du 1er trimestre de grossesse dans nos contrées helvètes !

N’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires 🙂

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.